La trinité de l’édition : rencontre avec Gvantsa Jobava ! (en français plus bas!)
The publishing trinity: meet Gvantsa Jobava!
Yes, I know, it’s Wednesday, but as you know, things have been crazy these past few weeks! So today, I’m going to tell you about Gvantsa Jobava.
It’s not every day that you meet the president of the International Publishers Association (IPA)! Her recent election marks a historic turning point: that of a female voice, Georgian, deeply committed to freedom of publication and democracy, placed at the heart of the world’s largest publishing organization!
Like Barbora Baronova (Czech Republic) and Slava Svitova (Ukraine), I discovered Gvantsa Jobava (Georgia) through the International Alliance of Independent Publishers at the Babelica Online fair. It was a round table discussion on “resisting authoritarianism”!
The book industry, and particularly independent publishing, is facing opposition from the far right in many countries, where a wave of authoritarianism, conservatism, and extremism is spreading, where ultra-capitalist (or ultra-liberal) models are at work, and where many fundamental freedoms are being called into question. “What are the consequences of these political, societal, and economic changes on the freedom to write, publish, and read? How are authors, publishers, booksellers, and librarians around the world affected by this erosion of democracy and freedoms? What mechanisms are in place to circumvent these attacks on freedoms, what alternatives have been put in place, and what hopes do book professionals have?” These were the questions addressed in the round table discussion!
Freedom to publish is the main pillar defended by the IPA alongside copyright. Gvantsa talks about the Trinity of Publishing: freedom to read, freedom of expression, and freedom to publish. The integrity of our profession is based on this freedom to speak, the freedom to ask questions, and the freedom to read.
We are faced with a ban on stands and trade shows, the nationalization of school textbooks in Mexico, the US, the UK, etc. Here at home, as I often mention, school textbooks are mainly controlled by multinational corporations with well-established ties to the radical right (as we discussed in Déborder Bolloré). And in an even more insidious way, since technically, it is not nationalization…
Gvantsa Jobava also draws attention to what is happening in Palestine and Ukraine, as well as to self-censorship. LGBTQIA+ issues, for example: when you don’t feel safe, you don’t dare to speak freely. Some publishing houses decide not to deal with certain topics to avoid problems. Authors censor themselves because it is dangerous. It is important to share this information and these experiences with other organizations and other countries, to raise awareness, and to work together to find ways to address these issues.
Gvantsa Jobava cut her teeth at the Georgian Publishers & Booksellers Association (GPBA), where she was a driving force for many years.
When you listen to Gvantsa, you immediately appreciate the extent of her expertise.
In a recent interview with the SNE team, she clearly outlined her role as a Georgian publisher:
“We have a responsibility to make our country better, free, independent, and respectful of democratic values. Publishing must be a weapon to defend democracy.”
In Frankfurt, I had the opportunity to attend the panel organized by PublisHer, “Women in Publishing: Glass Ceilings and Paper Walls,” with Rachel Martin (Elsevier), Barbara Budrich, Marta Martinez Gutierrez (Grupo Anaya), and Nazlı Berivan Ak (Türkiye Publishers Association).
And then at the meeting “Beyond tokenism: Women in Leadership Positions.”
Two meetings organized by PublisHer, an association of women in the publishing world. And a need to compare our experiences as women leaders in the publishing field. It’s crazy how, regardless of position, country, or continent, our experiences in the field remain the same! A gender analysis that unfortunately is still very necessary everywhere on the planet…
But for small independent publishing houses around the world, Gvantsa’s journey serves as a compass: strength never lies in size, but in conviction.
She makes it clear: she comes from a small association.
And that is precisely what enables her to understand what it means to lack resources, to publish under political pressure, to fight to exist on the international scene, and yet to stubbornly continue to circulate books.
Gvantsa does not theorize: she acts above all!
Alongside the Voltaire Prize, the IPA announced in Frankfurt the creation of the Freedom of Expression Defenders Award (FEDA): an annual prize that will be awarded starting in 2026, in the presence of PEN International, the Frankfurt Book Fair, and major actors in the defense of freedom of expression.
I will conclude this article with what Gvantsa Jobova lucidly summarized:
“Authoritarianism is not an abstract threat. Even in developed countries, the risks are real. We must unite to defend freedom of expression, freedom to publish, and freedom to read.”
PS: I promise I’ll try not to be late for next Tuesday’s article!
VisMaDéditrice #LesCoulissesDelEdition #internationalPublishing #PublishersWithoutBorders #PublierCestPolitique #WomenInPublishing






La trinité de l’édition : rencontre avec Gvantsa Jobava !
Oui, je sais, on est mercredi mais vous le savez, c’est la course ces dernières semaines ! Alors aujourd’hui, je vous parle de Gvantsa Jobava.
Ce n’est pas tous les jours qu’on rencontre la présidente de l’International Publishers Association (IPA) ! Son récente élection marque un tournant historique: celui d’une voix féminine, géorgienne, profondément engagée pour la liberté de publier et la démocratie, placée au cœur de la plus grande organisation mondiale de l’édition !
Comme Barbora Baronova (Tchéquie) et Slava Svitova (Ukraine), j’ai découvert Gvantsa Jobava (Géorgie) via l’intermédiaire de l’alliance internationale de l’édition indépendante lors du salon Babelica On line. Il s’agissait d’une table ronde sur « résister à l’autoritarisme » !
Le secteur du livre, et particulièrement celui de l’édition indépendante est confronté à l’extrême droite dans de nombreux pays, où un vent d’autoritarisme, de conservatisme et d’extrémisme se répand, où les modèles ultra-capitalistes (ou ultra-libéraux) sont à l’œuvre, et où de nombreuses libertés fondamentales sont remises en question. « Quelles sont les conséquences de ces changements politiques, sociétaux et économiques sur la liberté d’écrire, de publier et de lire ? Comment les auteurs, éditeurs, libraires et bibliothécaires du monde entier sont-ils affectés par cet effritement de la démocratie et des libertés ? Quels sont les mécanismes permettant de contourner ces atteintes aux libertés, les alternatives mises en place et les espoirs nourris par les professionnels du livre ? » Ce sont ces questions qui étaient traitées dans la table ronde !
La liberté de publier est le piller principal défendu par l’IPA avec les droits d’auteur. Gvantsa parle de la Trinité de l’édition : liberté de lire, liberté d’expression et liberté de publier. L’honnêteté de notre profession est basée sur cette liberté de pouvoir parler, la liberté de poser des questions, la liberté de lire du lectorat.
On doit faire face à l’interdiction de stands ou de salons, à la nationalisation des manuels scolaires au Mexique, aux USA, au UK etc… Chez nous, je vous en parle régulièrement, on a surtout une main mise sur les manuels scolaires par des multinationales dont les liens avec l’extrême droite ne sont plus à prouver (on l’a fait dans Déborder Bolloré). Et de façon encore plus insidieuse puisque techniquement, il ne s’agit pas d’une nationalisation…
Gvantsa Jobava attire aussi l’attention sur ce qui arrive en Palestine, en Ukraine, mais aussi à l’auto-censure. Les problématiques Lgbtqia+ par exemple, quand on ne sent pas en sécurité, on n’ose pas parler librement. Certaines maisons d’éditions décident de ne pas traiter certains sujets pour éviter les problèmes. Les auteurices s’auto-censurent parce que c’est dangereux. C’est important de partager ces informations et ces expériences avec d’autres organisations et d’autres pays, d’en prendre conscience, de voir ensemble comment on peut y faire face.
Gvantsa Jobava a fait ses armes au sein de la Georgian Publishers & Booksellers Association (GPBA), dont elle a longtemps été l’une des figures motrices.
Quand on écoute Gvantsa, on mesure immédiatement l’étendue de son expertise.
Alors qu’elle répondait récemment à l’équipe du SNE, elle situait son rôle d’éditrice géorgienne avec clarté:
“Nous avons la responsabilité de rendre notre pays meilleur, libre, indépendant, respectueux des valeurs démocratiques. L’édition doit être une arme pour défendre la démocratie.”
A Francfort, j’ai eu la chance de pouvoir assister au panel organisé par PublisHer “Women in Publishing: Glass Ceilings and Paper Walls”. avec Rachel Martin (Elsevier), Barbara Budrich, Marta Martinez Gutierrez (Grupo Anaya), et Nazlı Berivan Ak (Türkiye Publishers Association).
Et puis à la rencontre « Au-delà du symbolisme : les femmes dans les postes de direction »
Deux rencontres organisées par PublisHer, une association de femmes dans le monde de l’édition. Et une nécessité de comparer nos expériences en tant que femmes, leader dans le domaine de l’édition. C’est fou à quel point, quel que soit le poste, le pays, le continent, nos expériences de terrain restent les mêmes ! Une analyse de genre qui malheureusement reste encore bien nécessaire partout sur la planète…
Mais, pour les maisons d’éditions indépendante à taille humaine du monde entier, le parcours de Gvantsa est une boussole : la force n’est jamais dans la taille, mais dans la conviction.
Elle le dit clairement : elle vient d’une petite association.
Et c’est précisément ce qui lui permet de comprendre ce que signifie manquer de ressources, publier sous pression politique, se battre pour exister sur la scène internationale et pourtant continuer, obstinément, à faire circuler les livres.
Gvantsa ne théorise pas : elle agit surtout !
Aux côtés du Prix Voltaire, l’IPA a annoncé à Francfort la création du Freedom of Expression Defenders Award (FEDA) : un prix annuel qui sera décerné à partir de 2026, en présence de la PEN International, de la Frankfurter Buchmesse, et d’acteurices majeur·es de la défense de la liberté d’expression.
Je conclurai cet article par ce que Gvantsa Jobova a résumé avec lucidité:
“L’autoritarisme n’est pas une menace abstraite. Même dans des pays développés, les risques sont réels. Nous devons nous unir pour défendre les libertés d’expression, de publier, et de lire.”
PS : promis j’essaie de ne pas être en retard pour l’article de mardi prochain !
#VisMaDéditrice #LesCoulissesDelEdition #internationalPublishing #PublishersWithoutBorders #PublierCestPolitique
