Ce week-end, Julie l’a dit, nous nous sommes dédoublé.es chez Courgette, puisque nous avions un stand au Poetik Bazar ainsi qu’un autre stand aux Fêtes de Wallonie de Liège. J’étais moi-même au Poetik Bazar, avec plusieurs de nos autrices, dont Aude Meunier, qui venait pour la première fois dédicacer Femme Origami. C’était une expérience enrichissante, fatigante certes, mais c’était la fatigue du travail bien fait et j’ai été plutôt content de la fréquentation du stand. Nos oracles féministes sont partis comme des petits pains (au point que nous avons dû en recommander), nous avons vendu de nombreuses copies de Femme Origami, présomption de culpabilité et un monde de merveilles. L’un dans l’autre, j’ai vraiment eu la sensation que Cindy et moi avions très bien fait notre travail. C’est aussi ça, l’édition : la passion d’apporter les ouvrages aux lecteurices.
Mais pas le temps de nous reposer sur nos lauriers, puisque ces lundi et mardi, nous avons pu assister à Babelica Online, organisé par l’alliance internationale de l’édition indépendante, qui se présente comme un salon du livre entièrement en ligne et fait participer chaque année des éditeurices indépendant.es des quatre coins du globe. (NB: vous pouvez revoir tous les replays sur youtube!)
L’édition de cette année était placée sous le signe de l’existence en situation de guerre ou d’exil : comment ne pas sombrer lorsque l’on vit sous les bombes, et comment conserver sa dignité humaine lorsque l’on est loin de chez soi ? Slava Svitova, éditrice ukrainienne, que Cindy a rencontré l’an dernier à Francfort, a expliqué durant l’une des tables rondes auxquelles nous avons assisté que c’était le fait de se rattacher à son humanité qui permettait à de nombreuses personnes de tenir ; dans son cas, cela passe notamment par l’organisation de club de lectures.
J’ai également été interpellé par une table ronde sur le thème du corps et du genre, ayant notamment fait intervenir Angeli Lacson, autrice philippine en fauteuil roulant et qui expliquait l’impact qu’avait eu son handicap sur sa perception de son corps. Je n’ai pu que faire le lien avec Femme Origami. Dans un monde qui tend à dégenrer les personnes handicapées (on parle de personne handicapée, mais jamais de femme ou d’homme handicapé.e), Femme Origami est en effet parti de la volonté d’Aude d’explorer la façon dont son handicap a influencé la construction de son identité en tant que femme.
J’ai appris beaucoup de choses, et j’ai aussi été très heureux d’avoir eu cette opportunité de m’ouvrir à d’autres perspectives que la mienne, à d’autres cultures, et de voir comment l’écriture est une de ces choses que toute l’humanité a en commun.
Après un petit creux dans notre emploi du temps ces mercredi et jeudi (histoire de se reposer un peu, même s’il y a toujours du travail à abattre pour faire tourner la maison et même si Julie et moi devons aller en cours), nous serons heureux de reprendre du service ce week-end pour le Salon du Livre de Wallonie, organisé par Mon’s Livres et qui se tiendra, pour la première fois cette année, au Lotto Mons Expo. Si vous êtes des alentours ou si vous prévoyiez de faire un crochet par le salon, on compte sur vous pour venir nous faire un coucou.
Courgettement vôtre,
Arwyn
