La semaine dernière, je vous ai parlé d’un Monde de Merveilles, une de nos nouvelles sorties en coédition avec les éditions Pelckmans. Si vous n’avez pas eu l’occasion de lire l’article ne vous en faites pas il est juste ici
Aujourd’hui, j’avais envie de rentrer dans le cerveau d’une autrice et d’une illustratrice. Enfin, pas vraiment, j’ai surtout envie de vous parler de leur histoire, ce qui les motive à écrire etc… Alors j’ai posé quelques questions à Barbara et Isabelle.
Interview de Barbara De Munnynck
Depuis combien de temps écrivez-vous ?
Enfant, je griffonnais sans cesse des nouvelles, des poèmes, des pages de journal intime et des lettres. La lecture et l’écriture ont toujours été une passion pour moi. Après mes études de littérature allemande et russe, le journalisme m’a semblé être un choix de carrière tout naturel. J’ai donc travaillé comme journaliste, rédactrice et conceptrice-rédactrice pendant près de 20 ans. C’était très intéressant, mais au fond de moi, j’entendais toujours cette petite voix qui me disait : « Quand vas-tu enfin te lancer dans l’écriture de ton livre ? »
Qu’est-ce qui vous a donné envie d’écrire des livres pour les jeunes ?
Lorsque la pandémie de COVID a éclaté en 2020, ma fille aînée avait 10 ans. J’ai essayé de la divertir pendant le confinement avec des romans historiques de Thea Beckman. Je les avais adorés à son âge, mais Astrid n’était pas convaincue. Ce n’est pas qu’elle ne voulait pas lire. Elle préférait simplement les livres avec de jolies illustrations, des chapitres courts, une mise en page ludique… C’est là que j’ai compris qu’il fallait sans doute raconter encore et encore les vieilles histoires, d’une manière nouvelle, pour chaque nouvelle génération. J’ai donc décidé d’écrire « Une petite histoire du monde en 100 grandes dates ».
Comment votre collaboration avec Isabelle Geerearts a-t-elle vu le jour ?
Je souhaite créer des livres qui interpellent fortement les jeunes lecteurs. Dans le monde d’aujourd’hui, à tout moment, mille et une choses tentent d’attirer leur attention. Un livre doit se démarquer visuellement pour avoir une chance de retenir leur attention, puis être captivant et bien écrit pour récompenser l’effort de l’enfant. Je m’attendais à devoir chercher longtemps l’illustratrice « idéale » avec qui faire équipe, mais lorsque j’ai rencontré Isabelle, le courant est tout de suite passé. Nous avons des personnalités différentes, mais la même éthique de travail. Nous y mettons tout notre cœur. Nous allons toujours plus loin. Nos filles ont à peu près le même âge et nos maris s’appellent tous les deux Joris. Si ce n’est pas là un signe de l’univers…
Pourquoi écrivez-vous sur les archives d’EUROPALIA ?
Je trouve sincèrement que le monde est un endroit fascinant. Tant de villes, de personnes et d’objets recèlent une histoire passionnante. À travers mes écrits, je souhaite transmettre ce sentiment aux jeunes lecteurs. Éveiller leur curiosité, leur faire découvrir de nouvelles choses, susciter leur intérêt… Alors, quand EUROPALIA nous a demandé, à Isabelle et moi, si nous pouvions créer un recueil de nouvelles inspirées du monde de l’art, à partir de leurs archives, pour le même public et dans le même esprit que notre « Petite histoire du monde », nous avons été ravies. Cela nous a semblé être la suite parfaite et naturelle de notre premier livre.
Quelle est votre histoire préférée ?
Les 25 artistes présentés.ées dans « Le monde est plein de merveilles » ont tous.tes participé.e à une édition passée du festival semestriel EUROPALIA. J’ai eu le plaisir de retrouver dans les archives certains de mes favoris, comme Salvador Dalí, Victor Horta et Niko Pirosmani. Mais au final, ce sont les artistes que je ne connaissais pas auparavant qui m’ont le plus captivée. Mon anecdote préférée est celle où le photographe Ara Güler a découvert par hasard une cité antique en 1958. Et ce fut un vrai plaisir de faire des recherches sur des artistes féminines telles que Shilpa Gupta, Emilie Flöge et Magdalena Abakanowicz.
Interview d’Isabelle Geerearts
Depuis quand dessinez-vous?
Je dessine depuis aussi longtemps que je me souvienne. Il y avait une immense table dans notre salon où nous avions toujours le droit de colorier, de peindre et de bricoler. De nouvelles fournitures artistiques figuraient toujours en tête de ma liste de souhaits pour la Saint-Nicolas et Noël. Même si j’adorais dessiner et colorier à la maison, je n’aimais pas l’école d’art quand j’étais petite, c’est pourquoi j’ai arrêté après seulement un an. Ce n’est qu’après avoir terminé mes études universitaires que je me suis inscrite au programme d’arts visuels de la LUCA School of Arts et que j’ai repris des cours de dessin.
Qu’est ce qui vous a donné envie d’être illustratrice pour des livres jeunesse?
Outre le dessin, j’ai toujours adoré lire. Ma passion pour les livres a pris une toute nouvelle dimension lorsque ma première fille est née. C’était tout simplement merveilleux de la voir complètement plongée dans un autre univers grâce aux mots et aux illustrations. Au cours de ma deuxième grossesse, l’agence de communication pour laquelle je travaillais a malheureusement fait faillite. C’est à ce moment-là que j’ai décidé de franchir le pas et de me mettre à mon compte. Cela m’a donné l’occasion idéale de réfléchir à ce que je voulais vraiment faire, et il s’est avéré que c’était illustrer des livres.
Comment votre collaboration avec Barbara de Munnynck a-t-elle vu le jour ?
Lorsque j’ai lancé mon activité, j’ai veillé à consacrer suffisamment de temps à la constitution de mon book d’illustrations, car je n’en avais pas encore. Je l’ai ensuite présenté à plusieurs maisons d’édition. C’est ainsi que j’ai fait mes débuts dans le monde du livre jeunesse et que j’ai eu l’occasion d’illustrer mes tout premiers ouvrages. L’éditeur m’envoie toujours un manuscrit qui, selon lui, correspond bien à mon style graphique. C’est exactement ainsi qu’est née ma collaboration avec Barbara de Munnynck. C’est Julie Verhaert, de chez Pelckmans, qui nous a mises en relation pour le livre “ Une petite histoire du monde en 100 dates ”, et cela s’est avéré être une combinaison parfaite ! Tout s’est si bien passé que nous avons pu créer un deuxième livre ensemble.
Qu’est ce qui vous a séduit dans le projet “ d’un monde de merveilles” ?
Pour ce nouveau livre, j’ai eu la chance extraordinaire de me plonger dans l’univers de divers artistes, de différentes formes d’art et de questions artistiques. J’ai vraiment adoré le défi que représentait la mise en images et l’illustration des histoires de Barbara. Comme il s’agit d’histoire de l’art, les dessins doivent être historiquement fidèles, tout en étant suffisamment captivants pour donner envie de se plonger directement dans l’histoire. Y glisser une touche d’humour est toujours un plus appréciable. En somme, ce fut un défi fantastique !
Quelle est votre histoire préférée ?
Quand j’étais enfant, j’adorais le livre “ Koning van Katoren ”* de Jan Terlouw. Je l’ai lu un nombre incalculable de fois ! En ce qui concerne “ Un monde plein de merveilles ”, c’est vraiment difficile de faire un choix, mais si je devais choisir , je dirais : « Tout cet argent accroché au mur » et « à couper le souffle ».
*en français “chevalier de l’impossible”, c’est un livre destinée à la jeunesse que vous pouvez retrouver juste ici/ Koning van Katoren (boek) – Wikipedia
English version
Interview with Barbara De Munnynck and Isabelle Geeraerts
Last week I told you about “A World of Wonders”, one of our new releases co-published with Pelckmans. If you haven’t had a chance to read the article yet, don’t worry, it’s right here.
Today I wanted to tell you more about the author and illustrator behind this masterpiece. Here at Courgette, we thought it would be even better if Barbara and Isabelle introduced themselves.
So, here’s an exclusive look at a few questions I thought would be interesting to help you get to know the author and illustrator behind *A World of Wonders* better. I was curious to learn more about the people behind the book—not just the story itself.
Interview of Barbara De Munnynck
How long have you been writing?
As a child, I was constantly scribbling down short stories, poems, diary entries and letters. Reading and writing have always been a passion. After my studies in German and Russian literature, journalism felt like a logical career path. So I worked as a journalist, editor and copywriter for almost 20 years. Very interesting, but in the back of my mind I always heard this voice: ‘When will you start writing your book?’
What inspired you to write books for young people?
When COVID hit in 2020, my eldest daughter was 10 years old. I tried to entertain her through lockdown with historical novels by Thea Beckman. I had loved them at her age, but Astrid was not impressed. It’s not that she didn’t want to read. She just preferred books with nice illustrations, short chapters, a playful lay-out… That’s when I realized it’s probably necessary to tell old stories again and again, in a fresh way, for every new generation. So I decided to write ‘A small history of the world in 100 big dates.’
How did your collaboration with Isabelle come about?
I want to create books that appeal strongly to young readers. In this world, at any given time, a 1001 things are trying to attract their attention. A book has to stand out visually, in order to have a chance and then be captivating and well-written to reward the child’s effort. I had expected a long search for the ‘right’ illustrator to team up with, but when I met Isabelle, it immediately felt good. We have different personalities, but the same work ethic. We really care. We go the extra mile. Our daughters are in the same age range and our husbands are both named Joris. Now if that isn’t a sign of the universe…
Why do you write about the EUROPALIA archives?
I truly feel the world is a fascinating place. So many cities, people and objects come with a great story. In my writing, I want to convey that feeling to young readers. Make them curious, tell them something new, spark interest… So when EUROPALIA asked Isabelle and me if we could make a collection of short stories from the art world, based on their archives, for the same audience and in the same tone as our ‘Small world history’ – we were delighted. It felt like the perfect, natural sequel to our first book.
What is your favourite story?
The 25 artists in ‘The world is full of wonders’ were all featured in a past edition of the biannual EUROPALIA festival. I was happy to find some personal favorites in the archives, like Salvador Dalí, Victor Horta and Niko Pirosmani. But in the end, I had most fun with the artists that I didn’t know before. My favourite anecdote is how photographer Ara Güler accidentally uncovered an ancient city in 1958. And it was a joy to research female artists like Shilpa Gupta, Emilie Flöge and Magdalena Abakanowicz.
Interview of Isabelle Geerearts
How long have you been drawing?
I have been drawing for as long as I can remember. There was a huge table in our living room where we were always allowed to color, paint, and craft. New art supplies were permanently at the top of my wishlist for Saint Nicholas and Christmas. While I absolutely loved drawing and coloring at home, I didn’t enjoy art school as a young girl, which is why I quit after just one year. It wasn’t until I finished my university studies that I enrolled in the Visual Arts program at LUCA School of Arts and picked up drawing classes again
What inspired you to become an illustrator of children’s books?
Besides drawing, I have always loved reading. My love for books took on a whole new dimension when my first daughter was born. Seeing how she was completely drawn into another world by the words and illustrations was just wonderful. During my second pregnancy, the communication agency I worked for unfortunately went bankrupt. At that moment, I decided to take the leap and become self-employed. It gave me the perfect opportunity to reflect on what I truly wanted to do, and that turned out to be illustrating books.
How did your collaboration with Barbara de Munnynck come about?
When I launched my business, I made sure to set aside enough time to build up my illustration portfolio, as I didn’t have one yet. I later shared it with several publishing houses. That is how I broke into the world of children’s books and got the opportunity to illustrate my very first ones. The publisher always sends me a manuscript they feel would be a good match for my drawing style. That is exactly how the collaboration with Barbara de Munnynck came about. Julie Verhaert from Pelckmans brought us together for the book “Een kleine wereldgeschiedenis in 100 grote data”, and it turned out to be a perfect match! It went so well that we were able to create a second book together.
What appealed to you about the idea of a world of wonders?
For this new book, I had the wonderful opportunity to immerse myself in various artists, art forms, and artistic questions. I absolutely loved the challenge of shaping and illustrating Barbara’s stories. Since it’s about art history, the drawings need to be historically accurate, yet intriguing enough to make you want to dive right into the story. Weaving a bit of humor into the visuals is always a great bonus, too. All in all, it was a fantastic challenge!
What’s your favorite story?
As a child, I absolutely loved the book “Koning van Katoren” by Jan Terlouw. I read that book so many times! When it comes to “ A world of wonders” , it’s really hard to choose, but if I had to pick, I’d say: “All that money hanging on the wall” and “breathtaking.”
