En ce 17 mai, journée internationale de lutte contre l’homophobie, la transphobie et la biphobie, l’ouvrage de Céline Letartre, Le Jour du chausson aux pommes, résonne particulièrement.
Dans ce récit, nous suivons Clémentine, une femme enfermée pendant des années dans une relation marquée par les violences psychologiques. La découverte de son homosexualité devient alors pour elle une possibilité de fuite, mais surtout une manière de reprendre possession de sa vie. Pourtant, quitter une relation violente ne signifie pas en sortir immédiatement. À travers leur enfant, utilisé comme une arme par son ancien compagnon, Clémentine doit encore lutter pour préserver sa liberté et son identité.
Dans ce texte, la poésie devient une forme de résistance. Elle permet d’approcher au plus près des émotions et de raconter une violence ancrée dans le quotidien. Loin des récits spectaculaires, Le Jour du chausson aux pommes montre au contraire combien ces situations peuvent être silencieuses et pourtant profondément destructrices.
Le roman rappelle ainsi qu’aujourd’hui encore, assumer son identité ou son orientation peut exposer aux discriminations. Et chez Courgette Éditions, cette volonté de rendre visibles des voix queer et marginalisées ne se limite pas à une seule journée. Toute l’année, la maison défend des récits peu entendus et offre une place à celles et ceux souvent invisibilisés dans le paysage culturel.
L’actualité récente montre d’ailleurs que ces combats restent nécessaires. À la bibliothèque Pierre Perret, à Waremme, une lecture de contes pour enfants animée par la drag queen Samantha Ruffskin a récemment suscité une pétition demandant l’annulation de l’événement. Pourtant, l’objectif était simplement de célébrer la différence, d’encourager le dialogue et de promouvoir l’acceptation de soi et des autres. Heureusement, cette initiative a été soutenue par les organisateurs ainsi que par les instances politiques locales. Mais ces tensions témoignent aussi d’un climat qui semble se durcir depuis plusieurs années.
C’est précisément pour cette raison que ces espaces culturels, ces livres et ces voix restent essentiels.
C’est un fait d’actualité d’autant plus étonnant et inquiétant que ce lieu avait justement été choisi pour la soirée d’inauguration du Jour du chausson aux pommes, parce qu’il était présenté comme un environnement sûr pour les personnes queer. Cette polémique souligne alors que le combat est loin d’être fini.
Depuis, Le Jour du chausson aux pommes est devenu un best-seller de la maison. L’ouvrage a conquis de nombreuses lectrices et de nombreux lecteurs, au point d’être réimprimé. Il est toujours disponible chez Courgette Éditions et existe désormais en version e-book. Après avoir partagé les coulisses de la création des formats numériques, la maison propose aujourd’hui une édition EPUB et PDF, idéale pour emporter ce texte partout avec soi, notamment durant l’été, tout en permettant un meilleur confort de lecture grâce à l’agrandissement des caractères.
J’ai découvert ce livre au début de mon stage chez Courgette Éditions, et il est rapidement devenu mon préféré du catalogue, tant pour la sensibilité de son écriture que pour la force de son histoire.
Par ailleurs, Céline Letartre fait également partie du collectif d’autrices à l’origine de Présomption de culpabilité, paru officiellement le 9 mai chez Courgette Éditions.
Cette soirée de lancement de Présomption de culpabilité, un recueil de dix nouvelles écrites par des mamans solos, a permis au public de découvrir un extrait de son texte lors d’une lecture. Entre lectures et échanges, cette rencontre a mis en lumière des récits qui interrogent les violences, les silences et les mécanismes de domination encore trop souvent invisibilisés.
Ainsi, chez Courgette Éditions, le 17 mai, c’est toute l’année.
Philippine – stagiaire
